mercredi, mai 03, 2006

A force de...

San severino disait qu'à force de rémuer, on a mal aux mains, et aux pieds. Je ne voudrais pas, à l'heure ou peut-être vous mangez, vous couper l'appétit, je ne parlerai donc pas de mes pieds après ces deux semaines de marche à travers Wroclaw et Prague.

Il faut dire que le programme envoyé par Antoine a été respecté à la lettre, ou presque (nous ne sommes en effet pas allés péleriner chez les Marie-Madeleine de Wroclaw). Pour vous en persuader, il suffit d'aller faire un tour sur nice-popol. Arrivés jeudi soir, repartis lundi matin, et entre les deux, des nuits à dormir peu, des journées à marcher beaucoup, des messes qui durent 2 heures, des églises où l'on prie toute la journée, des tours de tourniquet après avoir goûté à la wodka "spécialement distillé" par l'ami polonais, des... Je m'arrête là. Je m'aperçois que j'ai failli passer les wodka maison sans vous expliquer le truc.

Je vais reprendre depuis le début. Le 4 Avril dernier, c'était l'anniversaire d'Antos. Comme je suis un esprit astucieux et pratique, à Dijon, j'ai acquis un set à fondue pour la bête, qui, à Berlin où on bouffe pire qu'à Wroclaw, en aura besoin afin de se rappeler dans les odeurs de fromage fondues (qui lui changeront des odeurs de fromage de ses chaussures) et de vin, la larme à l'oeil, de son pays où on mange des bonnes choses. Donc set à fondue.
Nous l'apportons, Clément et moi, en se disant "ah! ses colocs veulent jaffer français? Ben ils vont voir ce qu'ils vont voir!"
Et donc nous préparons pour le vendredi soir une fondue, savoyarde. Mais hélas, trois fois hélas, nous n'avons pas d'alcool à brûler. Après s'être longtemps demandé avec quoi remplacer le-dit alcool, Antos a eu l'idée géniale d'acheter du spiritus, alcool en vente libre, à 96° d'alcool. Inutile de vous dire que ce fut parfait pour la fondue, et que ça doit être parfait pour s'enlever le vernis à ongle et les ongles avec.

Et bien l'ami polonais prépare sa wodka de la façon suivante: 0,25l de spiritus à 96°, 0,75l d'eau. Je me suis cru dans les Bronzés font du ski.
"Bon, ben alors santé!"
"Oui, et bonne chance, surtout..."

A Wroclaw, on a aussi monté dans une tour dont chacune des marches faisaient la taille de mon tibia, et ce pendant deux centaines de marches. A Wroclaw, on a aussi mangé des travers de porc au miel. Et des pierogy au gras. On a aussi assisté à une messe étudiante, où l'on a bien fait d'arriver en avance, parce qu'une messe de près de deux heures debout, j'aurais pas pu. Pendant la messe, le curé arrive:
"Est-ce que vous aimez Jésus?"
"Ouiiii!"
"J'entends rien, plus fooooort!"
"OUIIIIIIII!!"

Antoine nous a expliqué que le dit Curé était fort respecté pour ses écrits, et qu'il était du genre progressiste, à faire un tour une fois l'an dans la résidence universitaire pour traquer les posters de cul (et pas triquer).

Wroclaw c'est vraiment beaucoup de choses. Comme nous sommes partis le même jour qu'Antos qui quittait sa belle capitale de Silésie, ce fut plein d'émotions, les derniers jours du pattu dans son fief, dont la place est même plus belle que la place de la Vieille ville de Prague (c'est tout ce que nous accorderons de supérieur, avec le nombre de paroissiens, à Wroclaw sur Prague).


Mais quand même, j'ai les pieds en bouillie. Et Antoine (l'autre, le cousin) n'a rien arrangé.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

ça a l'air sympa, tes petites visites...Moi aussi je veux faire un voyage, j'en ai marre de Londres en ce moment...

pseudointelektualka a dit…

"j'en ai marre de Londres" - quel snobisme!
(remarque, quand je dis que j'en ai marre de changer de pays tous le temps, il y a en de moins fortunés - qui se battent pour une place erasmus à uppsala university - qui me jettent des regards pas sympas...)