mardi, juillet 11, 2006

Il est revenu

Il y a deux sortes de bus Eurolines. Ceux avec une télé sur la travée centrale, au-dessus du conducteur, et une seconde sur la même travée, à hauteur de la seconde porte, et celui avec une télé centrale dans la travée centrale, à hauteur du chauffeur, et une seconde sur le côté droit, au-dessus de la seconde porte.

Cette première sorte de bus est fort agréable, parce que globalement, c'est plus facile de regarder le film passé dans le bus, et ce qu'importe où l'on est placé. Le bus Eurolines que j'ai pris hier était donc un car qui proposait la version 2, avec télé sur le côté. Je monte, et, alors que la plupart des places sont prises, je me dis "Pierre, Tu vas passer 14h dans ce car, il faut à tout prix que Tu puisses regarder la télé, d'autant que la batterie de Ton Ipod ne couvre que 12h."

Je me mets donc à l'endroit que, quand vous étiez petit, les deux super copains, ou super copines, de votre classe trustaient, c'est à dire les deux places qui sont juste devant la dite télé, qui offrent moins de place aux jambes, mais bon, on voit mieux.

Malheureusement, j'avais oublié que, malgré mon mètre soixante-dix, je n'avais plus 10 ans, et donc que ça faisait mal aux jambes d'être assis là. D'autant que le film s'est avéré être Titanic, que certes je n'avais jamais vu, et pour cause, quand il est sorti, dans ma classe de 5eme, on faisait de l'endurance, et une petite boulotte pendant que l'on courrait se lamentait "Oh, Leonardo, ne me laisse pas, ne me laisse pas!"

J'avais donc conclu que c'était un film pour petite fille boutonneuse et romantique en manque de fantasme masculin, ce que j'ai pu vérifier hier soir.

Me voilà revenu à Prague. Il y a des signes qui trompent pas: à peine arrivé, fourbu, avec la valise de 25kg d'Olga, sa mère m'a fait promener Flush, le chien loser qui pue mais qui a le poil soigneux, dixit Olga, parce que je ne l'ai toujours pas touché.

lundi, juillet 10, 2006

Cadré





Être payé 11,4 millions d'euro par an, dont 44% par des annonceurs qui jouent sur l'image fair-play, beau joueur, généreux etc, avoir pendant 16 ans été un joueur de haut niveau, préparé à relever sa chaussette droite avant la chaussette gauche en buvant volvic dans les vestiaires, préparé à subir le pire et à vivre le meilleur, à signer des autographe seul sur le parking d'un aéroport à minuit, et tout gâcher par un coup de boule dans le thorax d'un rital tatoué.

Rageant, ça.



dimanche, juillet 09, 2006

Ah! ... Paris!

J'avais totalement oublié Paris. Pourtant hier soir un petit tour du côté de Notre-Dame, de l'île Saint-Louis, puis des quais de Seine, la nuit tombée, m'a fait reprendre conscience de la ville dans laquelle j'habite. Ces éclairages, cette douce petite brise qui dissémine cette odeur si particulière de la Seine... Les vitrines de bouquinistes fermées, les petites rues du vieux Paris...

J'avais aussi oublié les parisiens. Une soirée organisée chez Lucile que je n'avais pas vu depuis quatre ans m'a rappelé ce qu'est un Parisien. Vous savez, celui qui, l'air de rien, est supérieur à vous. Celui qui passe sa soirée avachi sur un canapé, mais qui commente tout ce que font les autres autour de lui avec une moue de désapprobation et le regard méprisant.

Eh bien hier figurez-vous qu'à cette soirée, quand je suis arrivé, il n'y avais plus de musique. Ni une ni deux, je décide grâce à mon Ipod de faire découvrir aux gens des bootlegs, du genre de ceux que je fais écouter à droite.
"Pffff... mélanger The Doors avec Noir Désir, quoi!!"
"Non, mais franchement..."

Alors je me dis que peut-être un peu de musique d'Europe centrale, histoire de leur ouvrir l'esprit... On ne peut pas prétendre être un puriste en n'écoutant que David Guetta... Je mets donc Elmegyek de Parno Graszt, et malgré les regards au ciel du con, je persiste.

Le type daigne lever son cul, et, pendant que je parle à quelqu'un d'autre, va regarder mon Ipod posé sur la table et relié aux enceintes, avec une expression dégoûtée. J'arrive donc et lui demande si la musique ne lui convient pas. "Franchement c'est nul à chier".

Soupir.

Je mets donc la BO de Kill Bill.

"Ah, ben ça super, ça va!". Il repart souiller le canapé de son derrière.


J'avais aussi oublié le parisien pas in, celui qui est toujours avec un pote qui a l'air aussi expressif qu'un gnou en train de brouter de l'herbe, et qui fait office de "ah ben c'est sûr t'as raison".
Extrait, dans le métro, après la finale perdue de ce soir:
"Ah ben Cauet il va pouvoir changer sa chanson!" ("Zidane y va marquer, moi je suis sûr que les Bleus ils vont gagner")
"Aha ouais ouais"
"Tiens d'ailleurs t'as vu ça, Ardisson viré de France 2!"
"Ah ouais, ouais ouais."
"Son émission elle marchait bien un plus"
"ouais, ouais ouais, grave ouais"
"Mais bon ça c'est encore une décision politique"
"Putain ouais, ouais ouais, sûr."

Là, des supporters de foot sortant du Parc des Princes m'ont délivré en détournant mon attention.

Je me suis jamais senti aussi heureux de voir 200 supporters de foot parisiens envahir ma rame de métro.


Et c'est pas peu dire.

vendredi, juillet 07, 2006

Revanche


Pub The Guardian - Entrainement Italie
Vidéo envoyée par karppov
Et oui, dimanche soir, l'Italie remet en jeu son titre inconstesté de champion du monde de rebouchage de bouteille de champagne.

Afin que la France prenne dignement sa revanche, Marcello Lippi pourrait s'inspirer de cette pub pour le journal "The Guardian".


Comme si c'était pas vrai en plus....

jeudi, juillet 06, 2006

J'ai des parents qu'habitent chez moi


Je suis rentré mercredi dernier, et depuis j'ai retrouvé les joies de ma maison. Mes parents, tout d'abord, et leur façon bien particulière d'envisager les week-end et le repos. Depuis mercredi dernier, j'ai globalement pas arrêté, ce qui explique ce lancinant mal de dos, et aussi le pied gauche, qui me fait bobo quand je marche.

Ben parce que mes parents organisaient leur 23eme fête de l'Eté le week-end dernier, en invitant une centaine de personne. A manger pour tous les gens. Et à boire. Et de quoi s'asseoire! Et puis, figurez-vous que, tout amis de mes parents qu'ils soient, il y a parmi les invités un paquet de grossiers personnages qui, malgré toute votre bonne volonté (enfin la mienne), continuent de vous considérer comme un larbin: "Ah! Champagne ici!!", "Vous pourriez m'apporter du gâteau?"

Pas s'il vous plaît, pas merci. D'autant que comme c'est buffet ils peuvent lever leurs fesses eux-mêmes... Et bon, inévitablement vers 2h du matin je pète un plomb et je dis à une bonne-femme qu'il lui suffit d'aller bouger ses fesses pour se chercher du gâteau parce que je suis pas un loufiat.

Bon, évidemment, pas de bol, c'était une cliente 'achement importante de mon père. Mais en même temps ils auraient pu s'imaginer qu'après 3 ans de liberté, le statut de serviteur des moindres désirs de ces dames et messieurs pourraient me pousser un peu à bout.

Dimanche, évidemment, rangement, vous n'alliez pas vous imaginer que les invités allaient jeter leurs assiettes et tout. Beaucoup plus simple de tout laisser en vrac et de verser une bouteille de vin sur une belle nappe blanche avant de partir.

Et le lundi, pouf, les travaux commencent. Comment? vous n'êtes pas au courant? Mes parents ont décidé de tout casser chez moi et de tout refaire. En gros, ça revient à péter les toilettes devant l'entrée, et tout les murs autour, afin d'agrandir la salle à manger de 3 mètres. Et aussi à tout casser derrière la cuisine (buanderie, bureau, chiottes, chambre de mon frère) pour tout remodeler différemment et créer un studio.

Tout ça signifie évidemment déménager la zone la plus encombrée de la maison vers d'autres zones, dont, évidemment, ma chambre, occupée par des masques Africains, des miroirs, des vêtements, un micro-ondes, ou encore l'ordinateur de la maison, ce qui en revanche comporte quelques avantages, cf le message que j'écris là.

Bref, Olga, arrivée dimanche et repartie mardi a pu jouir du déménagement et nous aider à tout bouger, ça a du lui faire plaisir, elle qui voulait faire les soldes.

Et puis maintenant tout est cassé, il va falloir que je songe à prendre des photos pour vous ébaudir.

Les deux prochains mois seront occupés à reconstruire sur les ruines de l'ancien rez-de-chaussée.

Puis il faudra tout ranger de nouveau.

samedi, juillet 01, 2006

don't let it bring you down

Je suis arrivé mercredi soir à Paris. J'ai eu dans l'avion une sensation que je n'avais pas eue depuis longtemps. Une impression d'étouffement, d'être à un endroit alors qu'on veut à tout prix être à un autre.

J'ai eu en fait envie de pleurer dans l'avion, je crois. Je ne sais pas si c'était à cause de la somme extravagante que j'ai dépensée à cause de ma surcharge de bagages, ou bien du fait que je quittais Prague, son château, ses souvenirs, sa vie, facile, légère, organisée comme bon me plaisait.

Alors j'ai pris mon avion, qui avait 35 minutes de retard au départ, et puis j'ai mangé un truc pas bon et j'ai bu un coca, pour pétiller. Et puis je suis arrivé, et j'ai pris le RER avec mes 45kg de bagages, et puis je suis arrivé chez moi. La maison a changé, évidemment. D'autant plus que cet été on casse une bonne partie de la maison pour la radicalement changer. Je suis allé dans le "bureau", chercher mon courrier. Tout a été chamboulé. Pareil dans le salon, où, pire que tout, la télé qui trônait avait disparue. Elle est revenue depuis, je vous rassure.

J'étais donc de retour, après avoir passé un an face à un parc et quasiment face au château de Prague (en se penchant par la fenêtre on le voyait). Après avoir passé un an dans un appartement où je mangeais où et quand je voulais. Après avoir passé un an dans Prague!

Me voilà donc face au cimetière, à imaginer des légumes qui iraient avec le poulet qu'on est en train de faire cuire au four. A préparer ce haut événement mondain de la ville de Boulogne qu'est la 23e fête de l'Eté de la famille Bauche-Catalan, à préparer une Axoa (prononcer Ashoa), et d'autres trucs. A recevoir des ordres, moi qui ai vécu à ma tête trois ans durant, dont une particulièrement loin et dans une ville où la notion de devoir perd de son sens.

Je sais que je ne suis pas du tout à plaindre. Que l'année prochaine, alors qu'il faudra trimer dur, moi au moins je serai dans un environnement sain avec de la nourriture saine. Je sais aussi que je retourne à Prague dans 10 jours, qu'Olga y sera, que j'y serai rejoint par ma soeur et sans doute mes parents.

Mais voilà, je vais devoir m'y faire, et rentrer dans le rang. La liberté accordée par la distance et pas cette espèce de maturité qu'accorde le fait d'habiter en coloc, en 3eme année de sciences-po, à 20 ans, c'est fini. J'ai quitté la maison en 5 jours en septembre 2003, et m'y revoilà, dans un retour planifié, mais pas du tout préparé dans ma tête. Parce que jusqu'au dernier moment, j'aurai essayé de m'accrocher à Prague, et à la vie qui allait avec.

Et maintenant, plus qu'en partant à l'étranger, plus qu'en quittant Paris pour Dijon, plus que jamais, j'ai peur. Peur de l'inconnu.

mercredi, juin 28, 2006

Louis Chedid: Les papillons (1994).


Louis Chedid: Les papillons (1994).
Vidéo envoyée par cvera

mardi, juin 27, 2006

Le Tango des gens

Depuis hier j'ai le nez dans la poussière. Même pas blanche, elle est plutôt grisâtre.

On fait les bagages. On range. On découvre des trucs, du genre que le morceau de poulet tombé entre la cuisinière et le plan de travail a fait des petits, ou bien une chaussettes perdues derrière un lit que même sous la torture je refuserais de porter. Ces sandales achetées à Paris que j'avais du apporter à Prague en août, ce DVD que je n'ai vu qu'une fois et que je regarderai à la maison, ce CD d'installation de l'imprimante qui avait disparu, cette punaise planquées dans une poche de sac, celle-la même où l'on cherche une clé, et qui pique le doigt profondément juste sous l'ongle...

Et puis s'asseoire sur sa valise, elle même maculée de poussière malgré le chifon mouillé que vous avez passé dessus... Mettre ce papier important là en attendant d'avoir fini le sac numéro un, papier qui se perdra immanquablement douze minutes plus tard, vous faisant perdre deux heures.

Tout ça change drôlement de l'air pur des Tatras d'Adam, où coulent les sources d'eau très bonnes pour la santé, et où l'on a fait de la marche, du vélo dans les montagnes, et où l'on a bien bronzé.
Evidemment, j'ai maudit Adam une bonne cinquantaine de fois, ses ascendances et sa descendance, mais mes courbatures m'ayant rappelé la présence de muscles ici, là, et même là, je lui en suis reconnaissant. Surtout qu'il se met en quatre pour nous faire vivre son pays.

Je retourne le nez dans la poussière. De toutes façons, ranger et se préparer à partir, ça n'inspire que la tristesse. Comment vous décrire cette dernière incroyable semaine dans ces conditions?


mardi, juin 20, 2006

A bout de souffle

Il fait à Prague un temps de tube de l'été. Un temps et une atmosphère; il faut dire que les Pragoises s'habillent décidément comme les danseuses de la Macarena, et vu comme elles sont gôlées, c'est plutôt agréable à voir.

Hélas, se balader à Prague en journée après le petit matin que nous avons vécu, même si le parcours est peuplé de débardeurs, de lunettes Gucci, et de mini-jupes, est une véritable gageure. Avant de partir à Cracovie, quelques derniers moments dans Prague, à Andel notamment, histoire d'aller m'acheter un bouquin pour le voyage (un Robert Merle que je ne connaissais pas: "Madrapour"), d'acheter des pansements et de l'antiseptique, pour nos balades en montagne, et puis évidemment, de quoi faire des sandwiches pour le train.

Je sors donc de la maison, non sans descendre avec moi un sac plein de bouteilles vides, et oui, il faut virer de l'appartement toute trace de vie étudiante, et je me dirige, en suant, vers Namesti Miru, pour aller prendre le tramway, évidemment.

Il est des jours où l'on maudit les feux rouges. Où l'on maudit les petites vieilles, et les petits vieux, qui savent pas tenir debout quand le tram s'ébranle, et qui bousculent tout le monde, et font que je touche le type d'à côté tout humide. Parce que Prague en journée, c'est la moiteur chaude et collante du tramway.

Prague en journée, c'est être sur le place de la Veille Ville, à regarder tranquillement Allemagne-Equateur sur le grand écran, et voir débouler une colonie de Coréens hurlant, qui se prennent tous en photo les uns les autres, qui prennent en photo ceux qui prennent en photo ceux qui vont prendre des photos de ceux qui n'ont pas encore étalé leur sourire franc et "cliché" sur la pellicule de son camarade.

Deux minutes plus tard, la tornade est passée, sans doute déjà dans un car pour Budapest.

Prague en journée, c'est rentrer en suant, avec les marques du sac à dos sur les épaules, et sous les bras les marques d'une démarche serrée, entre les Pragois moites.


J'ai décidé, finalement, si je quitte sciences-po, je ne ferai pas homme-sandwiche le matin et loueur de pédalo l'après-midi.

Je ferai gardien de matos vidéo et sono sur la place de la Vieille Ville à 4h du matin.

le plus bel endroit du monde

Une belle idée a germé samedi dans les têtes de Clément et moi. Prague commence à être un peu plus infesté de touristes qu'à l'habitude, et ce sont nos derniers jours ici. Alors pour ne pas souffrir de leur présence et profiter de la ville, nous avons décidé d'aller à 4h30 du matin sur le Pont Charles, au moment où le ciel se met à bleuir lentement, et où au nord-est, lentement, il se teinte de blanc, de jaune, d'orange, avant que le soleil n'apparaisse enfin.










Les premières minutes sont fantasmagoriques. Les réverbères sont encore allumés, et nous sommes 4 à déambuler sur le pont, pour profiter du spectacle. Puis doucement il se lève, un peu, et toujours vide de monde, le Pont Charles s'éclaire doucement, et revêt ses couleurs de la journée, mais sans personne dessus.

Nous faisons un petit tour, au bord de l'eau, et nous continuons à admirer l'endroit de là. Il y a le photographe Japonais, le touriste Anglais, les Irlandais qui sortent de boîte, les Tchèque qui vont travailler dans les coins touristiques de la Mala Strana.

Puis nous marchons vers la Place de la Vieille Ville, il va bientôt être 6h00. Là, trois gardiens surveillent l'équipement audio et vidéo des retransmissions de foot. Ils sont crevés, et je suis étonné d'être le seul, avec Clément, à admirer l'endroit vierge de monde.

Un type fait son jogging.

Puis nous remontons doucement à pied vers Vaclavske Namesti, puis vers la maison.


C'était ce matin le plus bel endroit du monde.

lundi, juin 19, 2006

borderline


Hier, pour le prix d'un aller Paris-Dijon, nous avons acheté un aller-retour Prague-Cracovie, partant mardi, revenant dimanche soir (arrivée lundi matin, donc). Depuis quelques temps déjà on parlait d'aller dans la capitale historique de la Pologne. Au début, avec Gabor, on rêvait à louer une voiture et à faire Prague-Wroclaw-Cracovie-Brno-Prague, ça aurait été chouette, surtout pour moi qui ne conduit pas.

Evidemment, on est allés à Wroclaw avec Clément, donc tout de suite ça perdait un peu de son intérêt. Donc Clément, Gabor et moi avons acheté nos billets uniquement pour Cracovie, où nous serons accueillis par Adam (dit le Bon), qui a fait un gros effort pour nous en réussissant ses examens du premier coup, histoire d'arriver dans la ville de son coeur quelques heures avant nous, afin d'en premier lieu remettre de l'eau dans les toilettes.

Au programme de nos 5 jours presque complets dans le coin, la visite de Cracovie bien entendu, et de son joli château, mais aussi peut-être la visite de la mine de Sel, et, parce que c'est sans doute notre motivation première, la "visite" d'Auschwitz.

Je n'y suis jamais allé. Au semestre dernier, mon professeur de media & communication nous avait dit qu'il était allé à Auschwitz, et que là, un touriste prenait des photos avec son téléphone portable. Tout comme la notion de "visite", la prise de photos d'un pareil lieu avec un téléphone portable me semble assez indigne. Illusoire, dérisoire.
Alors même que je ne sais pas comment est organisé le parcours du souvenir que l'on fait à Auschwitz, je commence à me demander si ce qui me mettra le plus mal à l'aise est bien le camp lui-même, ou bien les gens qui le visitent et l'organisation d'icelle. Bien entendu, je suis certain de moi aussi prendre un nombre monstrueux de photos du lieu, tout en critiquant le fait que l'on puisse en prendre avec un téléphone (la différence entre appareil numérique et téléphone est tout de même ténue, à part concernant la qualité de la photo).

Mais je le ferai quand même. Je me dis que outre la qualité de la photo, la façon dont on la prend, et dont les sentiments peuvent vous submerger au moment de la prendre et au moment de la revoir changent l'aspect consommateur de la "visite" d'Auschwiz.

Et pour finir un dessin très rigolo. Le genre de truc qui m'est déjà, avec des variantes bien sûr, arrivé 2 ou 3 fois. La preuve qu'il y a quand même des gros cons qu'on devrait emmener consommer du Auschwitz.




































Dessin de Eosyne

vendredi, juin 16, 2006

Vu sur Lemonde.fr

Jamais rien lu d'aussi con!


Vous-même, êtes-vous favorable ou opposé à l'ouverture des magasins le dimanche ?

Favorable : cela faciliterait la vie des Français et les inciterait à consommer.
49.2 %

Opposé : cela ferait du dimanche un jour comme les autres et détériorerait les conditions de vie de nombreux salariés.
47.3 %

Sans opinion .
3.4 %

Nombre de votants : 6360


Comme un goût de fin


Nous voici déjà le 16 Juin; dans treize jours j'abandonne la rue Polska, notre appartement, j'aurai fait mes valises, laissées une ou deux chez Olga, et je partirai pour Paris. Pour mieux revenir, 10 jours plus tard, certes. Quelques jours de sursis, en juillet, et puis il faudra penser à la suite.

D'ores et déjà, je dois essayer de penser à comment compresser une année académique de voyages, d'allers-retours en Eurolines, de cours en université, d'expériences diverses et variées, de conférences, d'associatif... en 10 pages.

Mais comment penser à quelque chose d'aussi sordide, d'aussi minuscule, alors qu'il fait beau, que les jupes des Pragoises ont raccourci en même temps que leurs talons ont grandi, alors qu'on n'a qu'une envie; aller attraper ici et là quelques ultimes images, souvenirs...

Vous me direz, "quand même Pierre, tu es culotté d'écrire ça alors que toi-même tu es enfermé devant un ordinateur". Certes mais ce n'est pas de ma faute, je me suis vu refiler la boule puante d'Olga (Flush, ndlr) pour la fin de la semaine, ce qui, je dois dire, gâche un peu les plans d'après-midi entiers à se balader sans revenir à la maison. Et puis par ailleurs, si je ne l'écrivais pas, comment pourriez vous y objecter, hein?

Clément et moi avons donc plein de petits plans en tête; on va faire un pique-nique lundi soir, qui se terminera au lever du soleil, vers 4h30 du matin, sur le Pont Charles, histoire d'en profiter enfin SEULS.

On fera du pédalo, avec Gabor, Marketa, et puis d'autres gens s'ils veulent bien.

Et puis on va partir à Cracovie, où Adam nous attend le 21 pour nous faire connaître dignement la vraie et historique capitale de la Pologne, sa mine de sel, son camp de la mort... Ses montagnes. Déjà que j'ai des ampoules plein les pieds de mes marches d'hier...

Un goût de fin, de quelque chose qui arrive à terme, mais pas à maturité. Comme si le vrai goût de fini allait survenir au début du premier semestre de master, me plonger dans une déprime longue et douloureuse, et finalement me pousser à arrêter sciences po pour revenir à Prague et faire homme sandwich sur Vaclavske Namesti le matin, et loueur de pédalo l'après-midi.

Longtemps j'ai regardé avec compassion et pitié cet assemblage de puanteurs ambulant qu'est le chien d'Olga. Petite bête à peine plus intelligente qu'une moule, qui oublie en 10 secondes ce qui s'est passé dans sa vie.

Mais lui il ne va pas avoir à tout revivre pour synthétiser minablement en 10 pages toutes les expériences de l'année. Il ne va pas se remémorer combien la vie était belle, ensoleillée, et peu chère à Prague, quand il devra aller bouffer un sandwich rassis sous la pluie entre deux cours de sciences po dont il aura fini les exposés le matin avant de partir, en retard, pour le métro, qui n'arrivera pas parce qu'un autre, plus déprimé -sans doute sera t-il revenu de Rio- se sera jeté dessous.

Mais, oublier, quelle tristesse.

Se souvenir, quelle déprime.

mercredi, juin 14, 2006

Je voudrais être Noir!


Avec Clément lundi, on est allé voir République tchèque contre Etats-Unis à la Place de la Vieille Ville, où la mairie de Prague a vu les choses en grand, en installant deux énormes écrans géants, dont un qui, face vers le nord ne transmet pas de reflet, tandis que l'autre face vers l'Ouest ne sert à rien. Passons.
Donc, vers 18h00 nous arrivons sur la Place, après êtres passés à la maison prendre une douche, parce que lundi était le premier vrai jour de chaleur qui fait mal aux aisselles. C'est clair, on aurait du y arriver plus tôt, parce que il y a foule. Des vieux, des clodos, des jeunes, des rasés, des punks, des bleu-blanc-rouge (Tchèques), des bleus-blanc un peu rouges (Américains, surtout ceux avec une peau de roux), des amoueux, des puceaux, des supporters, des touristes, des groupes de fans, et des cons.
De toutes façons je sais pas si vous avez remarquez, mais dans un rassemblement, surtout à caractère politique ou sportif, c'est fou le nombre de cons qu'on peut trouver.
En fait, de manière générale, et à la réflexion, c'est le cas dans tous les rassemblements quels qu'ils soient. Le nombre de cons présents dans les files d'attente du supermarché ou du cinéma... c'est dingue.
Mais bon, là, sur Staromak (ouais, quand on est un vrai tchèque on it Staromak, Vaclavak, Karlovak, et on s'appelle Jiri Novak), il y avait plein de gens, et notamment des mecs drôlement bruyants, avec un tambour, des châpeaux à la con, type bouffon, que j'aimais mettre quand j'avais huit ans, et des gros kazoos qui font un bruit type sirène de CRS à la plage de Contis (Landes) quand une baleine, ou un cachalot, a la malchance de commencer à se noyer.
Jusqu'à environ la 20eme minute de jeu, nous ne remarquons rien, pris comme nous sommes par le jeu. Puis, alors qu'un Américain type du genre dont les ancêtres ont pas été épargnés par le commerce triangulaire prend le ballon, nous entendons "HOU, HOU, HOU, HOU" venant du groupe de crétins sus-nommés.
Un peu perturbés par cette bande de crétins, nous essayons encore de nous concentrer sur le match, d'autant que Koller vient de marquer.
Puis ça recommence, ça continue, et même ça s'acharne, et donc on décide de s'éloigner un peu du groupe de primates, au moment de la mi-temps, où les USA sont un peu menés 2-0, et où évidemment nombre de slogans à la con circulent, type "US Go Home", "You're fucking losers", etc. Bon enfant en somme...
Le match repart, d'où nous sommes nous pouvons enfin déguster le jeu, puisque notre attention n'est plus attirée par les bas du front aux yeux et au nez porcins, et aux bouches pleines de bave.
Il y a des jours comme ça, où je voudrais être Noir. Grand, musclé, et avec des yeux très méchants et des grandes dents blanches qui peuvent exprimer à la fois le plus sympathique de sourires d'accueil, et la pire des promesses de violence.
Le genre qui vient taper sur l'épaule du primate porcin, pour lui demander de me jouer "HOU, HOU, HOU" en face.
Pour voir.
Pour rigoler, vraiment.

mardi, juin 13, 2006

HS

Mon ordinateur a pris un sacré virus dans la poire, qui a complètement fait déconner avast qui bloque internet et tout plein d'autres programmes, même après l'avoir effacé.

Je suis donc en attente de reformatage, sans aucun CD de réinstallation, ce qui va être la joie, ces derniers étant à Paris, évidemment.

Dommage, je comptais parler de racisme en foot, après avoir entendu mes premiers "cris de singe" sur la place de la Vieille Ville pendant le match République tchèque / USA, je comptais raconter comment il fait beau ici et que les filles s'habillent légèrement...

Et puis je comptais réviser mes derniers exams et écrire mon dernier term paper.

Ben ça va être chiant.

dimanche, juin 11, 2006

Foot et politique


L'ODS a pendant sa campagne fait un gros coup en présentant des personnalités des arts et du sports qui votent pour eux. Licie Bila, la fringante et presque sexy Natasha St Pierre tchèque clamait voter ODS, et Milan Baros, attaquant de l'équipe nationale, pareil.

Question: qu'est-ce qu'on en a à foutre que Jamel vote ségolène ou que Didier Barbelivien vote UMP, si ce n'est que ce n'est finalement pas tellement une surprise (surtout pour Barbelivien) ?

Comment un joueur de foot, jeune, 25 ans, qui a encore tout son avenir devant lui, a t-il pu accepter ce genre de contrat avec le parti de Vaclav Klaus, un parti d'abrutis tous plus anti-européens les uns que les autres (du moins des responsables, parce que la base électorale est acceptable) ?

En France, on fait quand même mieux, j'ai l'impression qu'il y a une sorte d'éthique entre sport et politique. Zidane dit "Le Pen, c'est pas jouable" le 22 Avril 2002, mais c'est tout. Point n'est de collusion entre les deux domaines de passion que sont sport (et surtout foot), et politique. Evidemment, cela n'empêche pas Chirac de se rêver gardien de but et d'agiter une écharpe bleu-blanc-rouge-Adidas lors de la finale de 1998, cela n'empêche pas qu'on demande à Jospin ou à Sarkozy leurs pronostics pour tel ou tel match alors que franchement on s'en fout, moi personne ne me demande ce que je pense de tel match! (c'est peut-être pour ça que j'ai un blog, remarquez...)

Bon, évidemment je ne parle pas des "artistes" qui me font finalement de plus en plus de peine. Les comités de soutien des artistes aux politiques me désolent, ils m'inspirent une désolation sans borne pour ces petits apprentis sorciers qui, comme Ardisson leur a demandé une fois ce qu'ils pensaient de la crise des banlieues, se sentent obliger d'écrire des lettres ouvertes ou d'afficher publiquement leur soutient à tel ou tel.

Peignez Guernica et après on en reparlera!


Milan Baros s'est blessé à l'entraînement, et ne pourra pas jouer le premier match de la République tchèque au Mondial.


Un signe?